Mythes et dieux des Indo-Européens

C'est dans ce petit ouvrage que Georges Dumézil développe et justifie l'existence des trois fonctions qui organisent la vie religieuse, sociale et politique du monde Indo-Européen, c'est-à-dire de notre aire culturelle qui part de l'Inde, passe par Rome et Athènes, pour s'étendre jusqu'en Islande - et aujourd'hui dans les deux Amériques. C'est également une excellente introduction à son œuvre monumentale, parfois si riche en informations qu'elle en devient confuse !

Ces trois fonctions sont essentielles pour comprendre notre monde autrement que par la voie de la rationalité cartésienne. Elles organisent notre imaginaire collectif, et par suite nos modes d'action et de représentation. Sans leur différenciation la démocratie eut été impossible. c'est sans doute là l'une des raisons fondamentales qui rend la démocratie si difficile - voire improbable ? - dans le monde islamique. En effet, les peuples sémitiques, monothéistes, n'ont pas théorisé la séparation des pouvoirs juridique, exécutif et législatif qui fondent la démocratie. Or ces trois pouvoirs sont une application à la vie politique de la tripartition fonctionnelle mise en évidence par Dumézil dans le monde Indo-Européen. Il s'agit de la Souveraineté liée au Contrat et à la Vision qui fascine (Mithra et Varuna), de la fonction Guerrière chargée de canaliser l'énergie pour élargir la conscience et de la Production.

Chaque histoire mythologique déroule à sa manière le sens de l'une ou de l'autre de ces trois fonctions. Ainsi Prométhée dont le nom signifie "celui qui prévoit" participe à la Souveraineté; Héraklès, le héros emblématique de la tradition grecque, évoque les étapes de la transformation intérieure pour ouvrir la conscience aux mondes spirituels; et le Jugement de Pâris parle des questions relatives à la corruption et à la séduction, la pathologie de la troisième fonction, représentée dans notre civilisation par le système économique.

  • Broché: 830 pages
  • Editeur : Flammarion (23 février 2011)
  • Collection : Mille & une pages
  • Prix : 116,99 €

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Introduction à la Mythodologie

Comment réconcilier deux domaines jusqu’ici si adverses : la méthode scientifique et celui qui groupe les autres activités de la pensée : beaux-arts, poésie, mystique et religion ?

C’est cette question qu’explore le petit livre de Gilbert Durand, qui a fondé l’Association Internationale de Recherche sur l’Imaginaire. Disciple de Gaston Bachelard il s’efforce comme lui de relier l’imaginaire poétique avec la rigueur scientifique pour explorer le monde du sens. C’est donc à un dépassement du rationalisme que nous invite l’auteur.

Il développe six phases par lesquelles un mythe crée l’histoire, que l’on peut facilement ramener au processus cyclique de manifestation de l’Idée telle qu’elle est décrite par les cycles astrologiques. L’histoire du mouvement Franciscain et du Romantisme appuient la démonstrations. Cet ouvrage nous introduit vers une métahistoire fondée sur le mouvement des archétypes qui organisent l’inconscient collectif. Il montre que le passé n’est pas un « objet » défunt, mais le fantôme d’une organisation vivante et sensée qui, un temps, imposa sa vision à la réalité.

« Non pas que la divinité intervienne de l’extérieur par une spontanéité théologique comme dans le devenir hégélien, marxiste ou spenglérien, mais en ce sens que le numineux d’un mythe peut se trouver réactivé, retrempé, exacerbé, et qu’il fait alors galoper l’histoire, grâce à une personnalité qui à l’intuition ou l’intelligence du mythe pertinent à la société et au kairos donnés. Tels furent, en leur temps, Alexandre, Auguste, Jeanne d’Arc, Napoléon, Lénine - et peut-être Hitler. S’ils ne furent pas toujours le « nom du fleuve », ils en furent au moins le « confluent » décisif. Certes, ils le furent avec plus ou moins de bonheur, je veux dite par : avec plus ou moins d’ouverture et d’intelligence à la pluralité des mythes constitutifs d’une société.

A cet égard l’étroitesse d’un Hitler et son obsession du mythe de la race ainsi que sa haine du juif sont aux antipodes de Napoléon Bonaparte qui, à peine Premier consul, a eu ce mot sublime d’intelligence : « je veux tout assumer, de Clovis à Robespierre ». C’est que, précisément, une société doit admettre le pluralisme des rôles - donc des valeurs – garant de la pluralité des mythes.»

  • Broché: 243 pages
  • Editeur : Albin Michel (19 janvier 1996)
  • Collection : La Pensée et le Sacré
  • Prix : 14 €

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Les mythes Grecs

C'est une synthèse, en deux moyens volumes, du corpus des mythes issus de la tradition grecque. On y trouvera donc une mine d'informations et d'histoires, de personnages et d'aventures. Il y a en outre, à la fin du second volume, un glossaire des noms des personnages mythologiques et leur traduction en français, ce qui est fort utile pour comprendre le sens symbolique de ces histoires traditionnelles. Bien sur, cela n'évite pas de lire Ovide (Les Métamorphoses) ou L'Odyssée si l'on souhaite s'immerger dans le monde merveilleux. Mais Robert Graves offre d'utiles synthèses en signalant les différentes versions d'une même histoire. Nous nous éloignons cependant de l'interprétation purement historique des faits mythiques proposée par l'auteur. Mais ce livre est fort utile pour sa fidélité aux détails et l'on sait, dans la lecture symbolique, à quel point ceux-ci sont essentiels !

  • Relié: 666 pages
  • Editeur : Fayard (13 décembre 1979)
  • Prix : 35,50 €

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Encyclopédie des symboles

Cet ouvrage de plus de 1400 pages est une Bible !

C’est le dictionnaire que j’utilise le plus souvent pour comprendre le sens d’un symbole, qu’il s’agisse d’un animal, d’un mouvement, du corps humain, d’une couleur ou encore d’une autres images. L’auteur est parti de l’existant – un corpus important de rêves éveillés – pour en déduire le sens des symboles qui s’y trouvaient en les recoupant et en tenant compte du contexte. C’est donc une véritable démarche scientifique qui le conduit à dévoiler le langage de l’inconscient.

On pourra regretter l’accent mis sur la lecture psychanalytique, mais Georges Romey défend, dans son introduction, la thèse de la symbolisation par construction, liée aux processus neuronaux. Ce qui est en accord avec la théorie freudienne. Même si nous préférons, pour des raisons amplement développées dans les articles de ce blog, l’approche qui suppose une préexistence du sens cet ouvrage est une référence sûre pour comprendre le sens des symboles dans les mythes, les rêves et la vie quotidienne.

  • Relié: 1468 pages
  • Editeur : Quintessence (17 octobre 2005)
  • Prix : 76,10 €

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La grande déesse

Cet ouvrage d’une grande richesse iconographique recense puis explore les signes et les dessins que nous a laissé la civilisation du Néolithique (entre –7000 et –3500 environ) qui s’étendait alors sur toute l’Europe. L’auteure, ethnologue, en décrypte les symboles et dévoile les différentes facettes de la Grande Déesse, avant que les traditions monothéistes patriarcales ne recouvrent ses dons et ses multiples visages. C’est le seul livre que nous avons trouvé qui décrit les formes symboliques de la Déesse – Oiseau, Serpent, Cerf… - et son langage – spirale, méandre, vulve…- à partir des traces historiques et, bien sûr, sans tomber dans des interprétations psychologisantes sur l’éternel féminin. C’est une source remarquable d’informations et de matières premières pour une réflexion sur les représentations du monde des peuples qui ont précédé l’univers Indo-européen devenu notre quotidien.

Sur l’organisation des mégalithes on pourra aussi se référer aux travaux d’Howard Crowhurst qui montre comment, grâce à la géométrie et aux nombres, nos ancêtres établirent des liens architecturaux entre le ciel et la terre, et à quel point cette civilisation du Néolithique formait une unité puisqu’il existe des rapports géométriques précis entre les alignements de Carnac et d’autres en Europe. Il montre également pourquoi le système métrique, fondé sur la circonférence terrestre, existait déjà à cette époque.

  • Broché: 415 pages
  • Editeur : Editions des Femmes (8 décembre 2005)
  • Collection : BEAUX LIV ALBUM
  • Prix : 50 €

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