Les démons de Gödel

Parfois considéré comme le plus grand logicien de tous les temps après Aristote, Kurt Gödel est connu pour son fameux théorème d'incomplétude qui créa un mini raz-de-marée dans le microcosme mathématique des années 1930. Pierre Cassous-Noguès a analysé ses carnet de note et découvert à quel point la pensée et la vie de cet homme étaient imprégnées de réflexions métaphysiques.

Gödel à notamment développé une remarquable réflexion sur le temps et proposé des idées que l'on retrouve seulement aujourd'hui dans la théorie de la gravité quantique, avec les travaux de Carlo Rovelli :  la notion que le temps serait une construction de l'esprit humain. Dans la réalité du monde sans temps les événements "s'enchaîneraient" alors en une immense et permanente coïncidence.  Le temps serait simplement reconstruit par notre cerveau pour nous permettre de développer des projets et agir dans le monde, mais il n'aurait pas d'existence en soi. C'est pourquoi, lorsque nous mourons, le sens du temps disparaît et, avec elle, l'illusion du déroulement des choses. Philosophiquement proche de Husserl, Gödel développa de longues réflexions sur l'intuition en mathématique et l'existence d'un royaume métaphysique peuplé d'anges, de démons et d'équations mathématiques.

L'auteur montre que le platonisme de Goëdel est marqué par trois thèses :

1. Il est indifférent que les objets mathématiques s’inscrivent dans une réalité à part, un ciel d’idées qui se superpose au monde sensible, ou dans une raison sous-jacent à l’ego et, par conséquent, inconsciente.

2. Le monde mathématique (soit intérieur à la raison, soit développé dans l’extériorité) est peuplé d’anges. Les objets mathématiques s’accompagnent d’êtres bizarres, qui sont dans les idées comme nous sommes dans la matière.

3. Le monde mathématique (objets et anges mathématiques) nous est donné dans une intuition, différente de l’intuition sensible, mais supposant comme elle un organe particulier.

Un voyage étonnant dans l'esprit du plus grand logicien de notre temps.

  • Poche: 432 pages
  • Editeur : Points (8 mars 2012)
  • Collection : Points Sciences
  • Prix : 10,99 €

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Prédire n’est pas expliquer

René Thom, qui reçut la Médaille Fields pour ses travaux, est l'auteur de la "théorie des catastrophes", un modèle mathématique composé de sept formes géométriques abstraites capables de représenter des événements aussi différents qu'un coucher de soleil et un chien prêt à l'attaque (ou la fuite).

Mais cet ouvrage n'est pas mathématique, c'est la réflexion d'un homme de science sur la pensée analogique et ses conséquences sur notre vision du monde. A la question "êtes vous matérialiste ?" Thom répondit : "Je ne pense pas. Je vois la matière dans une optique aristotélicienne, une sorte de continu qui peut acquérir des formes. La forme peut être externe, visible, ou interne. la forme interne, c'est ce que l'on appellerait une qualité, du point de vue sémantique. La materia sigmata d'Aristote, c'est une matière pourvue de qualités. Selon moi, toute qualité peut précisément être vue, dans une certaine mesure, comme une forme spatiale, une forme étendue dans un espace abstrait."

Et ailleurs : "une analyse topologie d'une situation a un contenu qualitatif qui n'est pas quantitatif. Il y a en ce sens un contenu qualitatif et non quantitatif dans la théorie des catastrophes".

Ces travaux donnent une base scientifique à la pensée analogique beaucoup utilisée par les "ésotéristes". Contrairement aux approches habituelles de la science fondées sur la causalité, l'auteur montre que le Réel devient intelligible si l'on décrit quelques "formes" abstraites et originelles sur lesquelles se moulent, en quelque sorte, les événements du monde. C'est pourquoi il s'opposa à la mécanique quantique qui est une "théorie qui a renoncé à l'intelligibilité". Cette vision rejoint bien sûr, du moins dans l'esprit, les propositions de Jung pour qui les mondes psychiques et physiques dériveraient d'un même continuum, l'unus mundus.

  • Poche: 171 pages
  • Editeur : Editions Flammarion (2 mars 2009)
  • Collection : Champs sciences
  • Prix : 7,20 €

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