L’incendie de Notre-Dame


Propos inactuels sur l'actualité… puisque tout le monde a un avis sur l'incendie de Notre-dame, voici une réflexion fondée sur l'analyse en quatre quadrants que nous avons développée dans La Force du Symbolique. Bien sûr, chacune de ces approches est un scandale intellectuel pour les trois autres. Elles sont pourtant complémentaires. Ce ne sont que des lambeaux de pensées.

Premier quadrant :

- C’est un bâtiment qui brûle, et alors ? Avec de l’argent nous le reconstruirons en 5 an, avant les JO de 2024, c’est plus fonctionnel
-
Deuxième quadrant :

- Immense tristesse car un pan de l’histoire collective part en fumée. La mémoire est brisée, élan collectif pour panser cette blessure, engouement des jeunes pour les métiers de couvreur et charpentiers et la sauvegarde du patrimoine. (Les jeunes sont souvent les plus sensibles aux besoins collectifs qui surgissent dans le présent). Tien, c’est bizarre, cela se passe le premier jour de la semaine sainte et à l’heure du discours présidentiel ! Peu importe, nous reconstruirons un bâtiment plus grand, plus beau, plus moderne.

Quadrant trois

- Le cœur de la Cité, serré dans les bras de la Seine, brûle. Sa plus haute pointe s’écroule et part en fumée, mais les deux beffrois résistent. Le XIXe s’en va mais les fondamentaux du XIIe siècle sont toujours là. L’un des beffrois abrite le bourdon nommé précisément « Emmanuel ». Il faudrait bien sûr plonger plus en détail dans l’histoire du bâtiment, mais une géographie du sens s’impose : il y a urgence (le feu), les valeurs du XIXe siècle (les Misérables ; les conditions sociales désastreuses et économiques très inégalitaires de ce siècle qui ont conduit aux deux GM) sont à transformer (le feu), Emmanuel (la cloche et le Président) qui reste debout face à la catastrophe devrait peut-être revenir vers les fondamentaux de l’histoire de France et de l’Europe tels qu’ils furent formulés (à leur manière) aux XIIe et XIIIe siècle. Il y a donc une crise majeure qui se dessine dans l’inconscient collectif, elle est sur le point de se traduire en événements historiques. Il est urgent (le bourdon) de repenser et de reconstruire les valeurs de fraternité symbolisées par le clocher de 1843 abattu par l’incendie. Ce clocher fut en effet construit sous la direction de Viollet-le-Duc à l’époque de la publication du Manifeste de Marx ( 1848) et, pour les astrologues, de la découverte de Neptune (1846). Notre-Dame étant la Vierge Marie, le moment est aussi venu de questionner (et valoriser) le rôle du féminin dans l’histoire et dans l’organisation sociale. Or le Président, un « Monarc » (anagramme de Macron) « Émane – nu – Elle », ou « encore aima-nu-El » (Emmanuel) », se vit ravir sa parole par une autre Parole plus essentielle : en relation étrange avec son nom et son prénom. L’événement suggère donc de passer d’une logique gouvernementale figée dans les valeurs utilitaristes du passé pour oser les valeurs féminines en toute vérité (nudité) : le lien social, l’écologie, la diplomatie, la bienveillance, le sens de l’unité nationale et européenne, le partage des richesses, la dissolution des frontières de classe, de territoire, d’éducation, etc.

Quadrant quatre

- L’histoire, la fréquentation et la dévotion ont sacralisés cet espace de la Cathédrale. Un champ morphogénétique a pris forme, et cet endroit est devenu vivant, habité par un grand Déva (la Vierge elle-même ?) qui veille sur la Cité et sans doute sur la Capitale. Celui-ci s’est soudain réveillée et son cœur s’est embrasé, comme pour manifester son embarras par rapport à des décennies d’empoussièrement. Sa flamme est l’énergie de notre choc, le signal d’un nécessaire renouveau, un signe du monde du Mystère qui, la veille de la Résurrection, ne peut trouver une meilleure image. Le corps de la Cathédrale brûle et sa flamme devient visible, peut-être est-il temps que l’Esprit de la France (Nation dédiée à la Vierge) renaisse de son sommeil pour réexprimer dans le monde son génie particulier ?

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