A quoi sert l’astrologie ?

A quoi sert l’astrologie dans notre monde moderne fondé sur la raison ?

Afin de mieux cerner l’essence de l’astrologie, il nous parait nécessaire de préciser d’abord ce qu’elle n’est pas. En effet, sa vulgarisation par les média en offre souvent une image simpliste, voire caricaturale.

  • L’astrologie n’est pas un art divinatoire, ni une technique de prédiction des événements au sens où cela est couramment compris.
  • Elle n’est pas non plus un déterminisme qui s’ajoute aux contraintes génétiques, biologiques, éducatives et sociales.
  • Elle n’est pas une clé résolvant comme par enchantement tous les problèmes.

Voyons à présent, très brièvement, ce que l’astrologie peut-être :

  • Un système symbolique permettant une meilleure connaissance de soi et des autres.
  • Un outil dont l’usage suggère à quel moment il est préférable d’employer telle « énergie » plutôt que telle autre pour arriver au but que nous nous sommes proposé d’atteindre.
  • Une vision globale (holistique) de l’homme qui retrouve ainsi sa place dans l’univers, une place décodée en terme de sens.

Il s’agit, dans un premier temps, de situer l’astrologie parmi les différents systèmes de pensée élaborés par l’homme au cours des âges dans le but d’atteindre à la plénitude de la présence. L’astrologie n’est pas une conception du monde, mais une vision du monde. C’est son ouverture sur le possible, l’absence de lois rigides et établies par avance, en un mot les multiples niveaux de perception autorisés par la méditation sur le symbole qui en font la richesse et l’inépuisabilité.

Le thème natal est un instantané du ciel au moment de la naissance. Il représente, au moyen d’un certain nombre de symboles, la position de la Terre et des autres planètes au sein du système solaire à l’instant exact du premier souffle. C’est, en quelque sorte, notre carte d’identité naturelle, unique et différente de toutes les autres. De ce fait, il est possible de se contenter d’apprendre l’astrologie pour travailler sur son thème, et donc sur soi-même.

Le thème ne représente pas ce que nous sommes mais ce que nous pourrions être si nous étions conscients de toutes nos potentialités. Il est l’image archétypale de ce que nous sommes. En ce sens, le thème de notre naissance représente plus que la simple photographie des étoiles au début de notre existence consciente. A notre naissance le cliché est encore en chambre noire, il révèlera ses véritables couleurs au fur et à mesure que la lumière viendra à lui. Au cours de la croissance apparaît un développement plus ou moins homogène des zones de brillance et des zones d’ombre… mais la qualité de la lumière n’est pas inscrite par avance sur la photographie.

L’étude des cycles des planètes dans le ciel après la naissance – appelés « transits » – ainsi que l’abord de cycles plus intérieurs (les « progressions ») permettent de définir les grandes lignes du développement de la personnalité. L’astrologie propose un regard sur la trame de base de notre propre rythme d’évolution. Elle nous indique à quelle période de notre vie et dans quel champ d’expérience (familial, professionnel, financier,…) nous devrions porter notre attention consciente, et, pour cela, quelles qualités développer préférentiellement. C’est ainsi que certaines zones de la photographie recevront plus de lumière à tel ou tel moment du développement. Au fond, image photographique et personnalité se développent de la même manière : par réception et accrochage de la lumière. Lumière solaire ou lumière de la conscience.

Certaines zones du cliché recevront plus d’énergie lumineuse à tel ou tel moment de leur développement. Il sera alors possible de leur donner plus de relief et de les harmoniser avec l’ensemble en jouant sur la quantité et la qualité du rayonnement.

Au fil des âges

Voici un rapide survol historique afin de mieux saisir la place de l’astrologie dans le monde contemporain. Les racines de cette discipline se nourrissent des connaissances véhiculées depuis plusieurs millénaires par les plus anciennes civilisations. De tous temps des astronomes-astrologues ont tourné leurs regards vers les étoiles, scruté le ciel et soigneusement répertorié leurs observations. Chez les peuples de l’antiquité, astrologie et astronomie étaient sœurs jumelles. Ce double savoir, intimement lié, relevait bien souvent de la compétence du clergé. En fait, il existait une étroite convergence naturelle entre l’astronomie, l’astrologie et la vie spirituelle.

La conception du monde était alors fort éloignée de ce que nous considérons aujourd’hui comme valable.

La pensée du XIXème siècle, encore très présente dans nos mentalités modernes, considéra l’homme comme une machine biologique perdue sur une petite planète, la Terre, qui navigue dans un espace quasi-vide et sans vie. L’homme est seul dans un univers froid, sa présence résulte d’un accident ou d’un hasard. Ces considérations n’avaient pas leur place au sein des grandes civilisations dont la pérennité s’étendit sur plusieurs millénaires. Le subjectif, c’est-à-dire la vie intérieure de l’homme, n’était pas coupé de ce qui se passe à l’extérieur comme cela est aujourd’hui le cas. La dichotomie objectif/subjectif n’existait pas encore. Les anciens avaient découvert un lien symbolique unissant l’astronomie – l’observation du ciel extérieur – et ce que nous nommons aujourd’hui la psychologie, c’est-à-dire l’observation de nos constellations psychiques intérieures. Ce lien a pour nom astrologie.

Gardons-nous bien de considérer cette vision du monde comme « infantile » ou « archaïque ». Il s’agit plutôt d’une mentalité différente de celle que nous acceptons – souvent inconsciemment – comme valable. Si différente que nous avons, en réalité, grand-peine à en imaginer la richesse et le sens par delà les quelques poteries et autres objets qui nous sont parvenus.

Témoins privilégiés de ces anciennes cultures humaines, les Védas, les textes sacrés de l’Inde, dont l’origine remonte à plus de 6000 ans en arrière. Ce sont probablement les archives les plus anciennes de l’humanité. Celles-ci relatent la vie religieuse et sociale des premiers peuples indo-européens. Vie étroitement dépendante des conditions célestes. Dans le même ordre d’idées citons également la division géographique de l’Egypte pharaonique en 42 nomes ou « territoires », un peu comme les départements en France. Chacun de ces nomes trouvait sa correspondance symbolique avec une partie du corps d’Osiris, lui-même relié aux constellations zodiacales.

En occident, on retrouve également une certaine persistance – muette ! – de l’astrologie puisque la date des fêtes religieuses est fixée en fonction du cycle du Soleil et de la Lune. Chaque année Pâques est célébré le premier dimanche qui suit la pleine Lune de l’équinoxe de printemps. Il n’est pas rare non plus de découvrir dans certaines églises romanes des XIème et XIIème siècle (Issoire,…) une représentation des douze signes zodiacaux dans la partie la plus sacrée de l’édifice religieux.

Il existe donc encore, disséminés ici et là, un certain nombre de symboles astrologiques dont le sens profond est souvent perdu.

Après la chute de ces grandes civilisations, l’astrologie s’émancipa de la pensée religieuse. Elle se tourna de plus en plus vers la vie séculière, de sorte que bon nombre de personnages publics eurent leur astrologue-conseil. Les siècles s’écoulant, elle devient de plus en plus événementielle et se spécialise dans la prévision de l’avenir, l’anecdote et le détail. Néanmoins, loin des fastes de la cour et des spéculations de l’époque œuvraient dans l’ombre quelques astrologues et alchimistes anonymes. Certains ont laissé un nom dans l’histoire. L’un des plus éminents fut sans doute Paracelse. Médecin, astrologue et alchimiste réputé pour ses guérisons spectaculaires, il fut l’un des premiers à utiliser l’horoscope du malade pour établir un diagnostic.

Le XVIIe siècle marqua un tournant important dans l’histoire de la pensée. En effet, depuis l’antiquité, le thème natal était calculé pour la nation entière ou encore pour le roi qui avait en charge les destinées du pays. Le fait de dresser le ciel de naissance de tout le monde implique une importance croissante de l’individu par rapport au collectif. Le microcosme est à présent représenté par l’être humain et plus seulement associé à un territoire et au devenir du groupe qui l’habite.  Pour être complet il faut encore mentionner d’autres personnages dont l’histoire à retenu le nom pour leurs découvertes scientifiques. Citons Newton et Képler qui se sont intéressés à, et ont probablement pratiqué, l’astrologie et l’alchimie. Curieusement l’histoire des sciences a gommé une partie importante de l’œuvre de ces chercheurs pour n’en garder que ce qui correspond à la mentalité et aux croyances modernes.

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Différents types d’astrologie

En astrologie, pas plus qu’ailleurs, il n’existe de connaissance absolue. Tout est mouvance. Mais mouvance ne signifie pas errance. Le thème natal forme un tout structuré qui offre une vision globale du clair-obscur de la psyché. Il existe aujourd’hui différentes écoles et diverses voies de recherche, toutes complémentaires les unes par rapport aux autres. En d’autres termes il n’y a pas une astrologie mais des astrologies. Chacune est représentative d’une époque et d’une façon de penser. Ces diverses approches existent en fonction des besoins de l’humanité et de sa vision du monde. L’astrologie prit des formes diverses suivant les lieux et les temps. Ainsi il existe une astrologie Aztèque, Chinoise, Hindoue, Egyptienne, Sumérienne…. Tenter une étude un tant soi peu exhaustive de toutes ces branches serait une gageure pratique car nous ne sommes pas imprégnés de la mentalité chinoise ou aztèque. Parmi les différentes écoles se côtoyant actuellement dans le monde occidental, trois prédominent :

L’astrologie traditionnelle

Elle tire ses sources essentiellement des travaux de synthèse de Ptolémée, astrologue et astronome du deuxième siècle, à qui nous devons la représentation géocentrique de l’univers. Cette conception selon laquelle toutes les planètes, plus le Soleil et la Lune, tournent autour de la Terre, survécut dans la conscience de l’occident jusqu’à Galilée. Ptolémée eut le mérite de consigner par écrit la tradition astrologique de son époque, transmise jusqu’alors oralement. Il y associa également la théorie des quatre éléments formulée définitivement par Empédocle, philosophe Grec du VIème siècle avant notre ère. Au fil des âges cette astrologie devint de plus en plus événementielle, c’est-à-dire axée sur la prédiction des événements. L’être humain est soumis aux « influences » astrales et n’a d’autre choix philosophique que de lutter ou de subir. Apparaissent alors les notions de fatalité / libre-arbitre à partir desquelles on a imaginé tous les dosages possibles pour justifier des actes des hommes.

L’astro-psychanalyse

Les apports de la psychanalyse freudienne à la connaissance de la nature humaine ont incité certains astrologues à adapter cette lecture aux différents éléments du thème natal. Chaque planète correspond ainsi à une instance psychologique telle que le ça, le surmoi, le moi, et l’idéal du moi. Cette approche permet un gain en profondeur dans l’interprétation du thème natal. Elle reste néanmoins statique. Cela signifie que le thème astrologique est un constat de ce que l’on est au moment de la naissance, révélant un certain nombre de complexes, un certain degré de lucidité, des points forts, etc. Mais il ne nous est cependant pas donné la clé qui pourra mener la personnalité à une véritable prise en charge de son thème de naissance, et donc d’elle-même. La carte du ciel est le reflet des traumatismes vécus dans l’enfance, ainsi que des divers conditionnements qui font ce que nous paraissons être. Cette approche de l’astrologie ainsi que la précédente sont dualistes. Il existe des planètes « bénéfiques » et « maléfiques », des « bons aspects » et des « mauvais aspects ». Tout cela a naturellement pour conséquence l’existence d’horoscopes « favorables » et « défavorables ».

Cette analyse astrologique correspond à la vision du monde développée en Occident au XIXème siècle. Vision du type blanc ou noir, bien ou mal, vrai ou faux… maintenant matérialisée dans le langage binaire de l’informatique, avec la logique comme critère de connaissance.

L’astrologie humaniste

Le thème natal, simple carte d’identité, devient le nom symbolique de la personne. Nommer une chose, c’est la connaître, c’est lui donner une forme dans notre conscience. Le ciel de naissance devient ainsi un outil privilégié de connaissance de soi et d’action.

L’astrologie humaniste fut formulée pour la première fois dans les années 1930, aux Etats-Unis, par Dane Rudhyar. Celui-ci considère l’astrologie comme une technique d’étude des cycles de la vie individuelle, cycles qui entrent en résonance avec les rythmes des planètes. Les astres ne nous influencent pas, ils ne sont pas en dehors de nous mais en nous. Le thème natal est une représentation symbolique du monde intérieur à l’aide d’un nombre limité d’éléments. La force de l’astrologie vient du fait de ce nombre restreint de symboles. En d’autres termes, l’harmonisation de notre rythme personnel avec le rythme du cosmos nous permet de découvrir notre nom véritable et, par suite, de donner un sens à notre participation à la vie de l’univers.

Le thème nous aide à prendre conscience de ce qui est en nous, de ce que nous sommes en tant qu’individu. Nous sommes plus que nos conditionnements, ceux-ci sont des conditions à notre disposition pour devenir ce que l’on est. De ce point de vue, être totalement libre c’est vivre son thème à cent pour cent. A partir de ce moment-là tout jugement de valeur disparaît, il n’y a plus de « bonnes « ou de « mauvaises » planètes mais chaque élément du thème est ce qu’il est, une fonction parmi d’autres fonctions. Cette approche astrologique se base sur une nouvelle façon de penser, mais aussi et surtout sur le développement d’une nouvelle qualité d’être. La logique, de binaire qu’elle était auparavant, s’efforce de devenir ternaire, voire multidimensionnelle.

L’accent, lors d’une interprétation, ne porte plus sur les événements objectifs mais sur leurs correspondances symboliques dans la vie subjective d’une personne qui s’efforce de comprendre sa nature essentielle et la meilleure manière de l’exprimer. L’astrologue ne travaille plus avec des objets (planètes) mais avec des « énergies », présentes partout et à chaque instant, qui entrent en résonance les unes avec les autres en suivant des rythmes spécifiques.

L’astrologie transpersonnelle

Alors que l’astrologie humaniste est une voie pouvant conduire l’être à devenir une personne à part entière, l’approche transpersonnelle, également développée par Rudhyar, indique ce que serait cette personne si elle devenait canal pour une énergie plus-que-personnelle. Une énergie qui transcende ses intérêts immédiats et réponde à un besoin du collectif. Le thème natal reste toujours identique à lui-même, c’est le « niveau » d’interprétation qui change. Le ciel de naissance indique de quelle façon la personne peut repolariser son mode usuel de comportement dans le but de focaliser en elle une énergie spirituelle diffuse. Ce nouveau développement de l’astrologie est intimement lié à la prise de conscience croissante que l’humanité forme un tout… et à la découverte que « le soleil est aussi une étoile » voyageant au sein de la galaxie, accompagné de milliers d’autres.

Sur le plan symbolique, ces deux phénomènes entraînent un changement de regard. La conscience n’est plus focalisée sur la satisfaction des besoins personnels (symboliquement le « moi-soleil » posé au centre de l’univers) mais s’efforce de percevoir sa place au sein du plus grand tout qu’est l’humanité (symboliquement le Soleil est une étoile parmi d’autres dans la Galaxie). Les rapports humains passent d’une structure hiérarchique rigide (le Soleil, régisseur de son cortège de planètes) à un système basé sur la co-opération (le Soleil accompagné d’autres étoiles). L’humanité prise comme un tout essaie ses premiers pas sur la planète : peut-être l’ère du Verseau verra-t-elle ceux-ci se transformer en une danse adressée à l’univers entier.

Pour conclure, remarquons qu’il n’y a pas un système meilleur qu’un autre : on fait l’astrologie qu’on est. Que notre pensée se dirige plus naturellement vers l’abstraction ou la pratique, la rigueur ou l’intuition, chaque méthode donne un éclairage significatif.

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vidéo présentant l’astrologie

4 Responses to “A quoi sert l’astrologie ?”

  1. Kevin dit :

    Bonjour Luc, je suis Kevin Lagrange, astrologue, nous nous connaissons nous sommes intervenus, en octobre 2011, au colloque d’astrologie du Rassemblement des Astrologues Occidentaux, à Lyon.
    Vous, sur les rétrogradations de Vénus et Jupiter, moi, sur les parts astrologiques de Vénus et Jupiter.
    Je me permets une petite précision : vous dites : « L’astrologie n’est pas un art divinatoire, ni une technique de prédiction des événements au sens où cela est couramment compris. »
    C’est inexact, une branche bien particulière de l’astrologie est un art divinatoire, c’est l’astrologie horaire.
    Aucune branche de l’astrologie n’est supérieure à une autre, tout est une question de point de vue.
    Je respecte énormément votre travail, pour un meilleur équilibre du monde il est bon de rappeler l’astrologie peut être un art divinatoire (c’est peu connu, il convient de le rappeler), même si l’astrologie a beaucoup d’autres applications.
    D’autre part, l’astrologie horaire permet également de réenchanter le monde en donnant du sens concret à chaque instant.
    Bien cordialement, félicitations pour votre travail, il n’est pas antinomique d’aimer votre travail et de pratiquer une astrologie divinatoire.
    Kevin Lagrange, astrologue pratiquant, entre autres, l’astrologie horaire, divinatoire.

  2. laurent dit :

    vous raconter vraiment des conneries allez vous coucher c est mieu…faut arreter de fumer le canabis lol…ont devrais vous bruler comme Jeanne d arc..

  3. Frédérick dit :

    Merci Laurent pour ce magnifique commentaire, débordant de sagesse… de tolérance…

    Souvenez-vous que lorsque l’on prend la parole, on ne parle que de soi, simplement parce que l’on a que soi comme référentiel et c’est ce qui crée notre angle de vue.

    Vous venez donc de vous décrire à la perfection.

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