Le Parchemin Magnifique (13) : Les cinq sens

Mais à quoi servent nos cinq sens ? Grâce à eux l’homme prend conscience de ce qui l’entoure. Le moi puis le Soi entrent en contact avec leur environnement. Outils du développement de la conscience, ils élaborent le « sujet » quelque soit l’amplitude donnée à ce terme. Si les sens construisent une conscience subjective bien réelle, ils sont aussi des moyens de connaissance objective notamment grâce à leurs prolongations techniques comme le télescope qui améliore la vue humaine ou le « nez électronique » capable de détecter des molécules solitaires. Nos sens semblent donc avoir au moins trois fonctions : développer la conscience de soi, connaître la nature du monde extérieur et permettre au Soi d’entrer en contact avec l’espace physique. C’est pourquoi, un jour, les sens deviendront des intermédiaires entre le royaume de l’Esprit et celui de la Matière. Alors le matérialiste, le mystique et l’intellectuel ne feront plus qu’un… et notre visage exposera au regard d’autrui une « vie sage ».

Pour l’heure les cinq sens qui y sont associés participent activement à cette promesse. Goûter avec la bouche, sentir avec le nez, voir avec les yeux, entendre avec les oreilles et toucher avec la peau ! Loin de représenter la luxure et le dévergondage comme l’enseignent la plupart des religions, les sens s’affichent comme des voies d’accès directes au temple crânien. Leurs usages génèrent des effets pervers seulement lorsqu’ils ne fonctionnent pas à leur juste place biologique, c’est-à-dire lorsqu’ils se refusent au service de la tête. Les difficultés surgissent s’ils servent uniquement le bol pelvien et sa puissante force vitale ou encore spécifiquement les besoins de sécurité du ventre comme aujourd’hui dans notre société de consommation. Ils ne devraient pas non plus servir uniquement le cœur au risque de perdre le sujet dans des extases mystiques.

5 sens
Car nos sens ont tous des contreparties immatérielles, si peu développées dans l’humanité moderne ! Le sujet avec un cœur ouvert et un cerveau au repos « touche » la présence de son/sa bien-aimé(e) quelque soit la distance qui les sépare ; de nombreux saints furent gratifiés du charisme d’osmogénésie : ils marquaient leur présence par des parfums qui émanaient naturellement de leur corps. Padre Pio est un bon exemple de ce phénomène olfactif. Côté audition Beethoven « entendait » les sons de ses futures symphonies avant de les offrir au papier et, pour la vue, Swedenborg « vit » à plusieurs centaines de kilomètres de distance le grand incendie de Stockholm du 17 juillet 1759 au moment même où la ville s’embrasait. Les sens de celui qui s’identifie progressivement au Soi ne sont plus limités par l’espace ordinaire. Car la poitrine, ce repère du divin en l’homme, est le lieu corporel où la conscience s’émancipe du réel objectif pour pénétrer dans le mystère de l’Immense.

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