Race et histoire

Dans ce petit ouvrage Claude Lévi-Strauss démontre de manière rigoureuse à quel point un modèle unique développement paupériserait la nature humaine et la conduirait vers des âges sombres, à quel point un hypothétique « gouvernement mondial », que certains appellent parfois de leurs vœux, serait dangereux pour la civilisation humaine. Car le progrès et la transformation des uns – quelque soient les sens donnés à ces termes – ne peut s’accomplir que sous l’absolue étrangeté que représentent les autres.

 » Nous avons, au contraire, cherché à montré que la véritable contribution des cultures ne consiste pas dans la liste de leurs inventions particulières, mais dans l’écart différentiel qu’elles offrent entre elles ».

« Il n’y a pas, il ne peut y avoir, de civilisation mondiale au sens absolu que l’on donne souvent à ce terme, puisque la civilisation implique la coexistence de cultures offrant entre elles le maximum de diversité, et consiste même en cette coexistence. La civilisation mondiale ne saurait être autre chose que la coalition, à l’échelle mondiale, de cultures préservant chacune son originalité. »

Strauss

 

On pourrait formuler autrement cette même idée du point de vue symbolique : chaque culture est porteuse d’un ou de plusieurs mythes fondateurs. Lorsqu’elle le réalise dans ses valeurs, et par suite dans ses œuvres, elle croît en influence et apporte sa pierre à l’œuvre de l’humanité. Les risques de l’actuelle « mondialisation » des valeurs occidentales ne résident pas dans l’excès d’enthousiasme de ses zélateurs, mais dans la faiblesse des autres culture – comme l’islam ou l’Esprit du peuple Russe par exemple – à s’affirmer pleinement dans la lumière leurs mythes fondateurs. L’islam sut le faire, par exemple, aux X-XII siècle dans l’Al-Andalous à l’époque des Almoravides.

La vraie tolérance n’est pas une attitude contemplative, elle consiste à encourager le développement des valeurs autres, même et peut-être surtout si celles-ci ne nous plaisent pas ou nous semblent totalement étrangères. C’était déjà la posture philosophique de Voltaire.

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