Prédire n’est pas expliquer

René Thom, qui reçut la Médaille Fields pour ses travaux, est l’auteur de la « théorie des catastrophes », un modèle mathématique composé de sept formes géométriques abstraites capables de représenter des événements aussi différents qu’un coucher de soleil et un chien prêt à l’attaque (ou la fuite). Mais cet ouvrage n’est pas mathématique, c’est la réflexion d’un homme de science sur la pensée analogique et ses conséquences sur notre vision du monde. A la question « êtes vous matérialiste ? » Thom répondit : « Je ne pense pas. Je vois la matière dans une optique aristotélicienne, une sorte de continu qui peut acquérir des formes. La forme peut être externe, visible, ou interne. la forme interne, c’est ce que l’on appellerait une qualité, du point de vue sémantique. La materia sigmata d’Aristote, c’est une matière pourvue de qualités. Selon moi, toute qualité peut précisément être vue, dans une certaine mesure, comme une forme spatiale, une forme étendue dans un espace abstrait. »

Et ailleurs : « une analyse topologie d’une situation a un contenu qualitatif qui n’est pas quantitatif. Il y a en ce sens un contenu qualitatif et non quantitatif dans la théorie des catastrophes ».

Thom

Ces travaux donnent une base scientifique à la pensée analogique beaucoup utilisée par les « ésotéristes ». Contrairement aux approches habituelles de la science fondées sur la causalité, l’auteur montre que le Réel devient intelligible si l’on décrit quelques « formes » abstraites et originelles sur lesquelles se moulent, en quelque sorte, les événements du monde. C’est pourquoi il s’opposa à la mécanique quantique qui est une « théorie qui a renoncé à l’intelligibilité ». Cette vision rejoint bien sûr, du moins dans l’esprit, les propositions de Jung pour qui les mondes psychiques et physiques dériveraient d’un même continuum, l’unus mundus.

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