Les voies du réenchantement du monde

Nous vivons aujourd’hui dans un monde où les valeurs matérielles et les échanges économiques emplissent tout le paysage de la conscience humaine. Pourtant la nature est à la fois objective, relationnelle, saturée de sens et en perpétuelle métamorphose (La force du symbolique). La sur-accentuation de l’objectivité et de la mesure laisse en déshérence les autres facettes de la nature humaine au risque de dangereux déséquilibres : écologiques, politiques et psychiques. Le « réenchantement du monde » cherche à réintégrer ces autres facettes dans l’expérience humaines. Ce n’est pas une nouvelle discipline mais un regard porté sur toutes les disciplines, qu’elles soient économique, scientifique, psychologique, historique, artistique ou sociale (causalisme et/ou symbolisme : un débat fondamental).

N’est-il pas temps de décoloniser notre imaginaire de ces croyances économiques et mécaniques pour oser la beauté de l’acte inutile et du don ? N’est-il pas temps de re-questionner le sens de la souffrance ?

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Ce changement de paradigme est radical puisqu’il s’agit d’explorer le monde, non plus à partir de la pensée, mais de la présence du Soi palpitant au cœur de notre cœur, ainsi qu’en témoignent les expériences d’Eveil. Il est radical puisqu’il suppose au préalable une « sur-réalité » emplie de forces signifiantes qui organisent les mondes physiques et psychiques. Celles-ci sont au moins aussi efficaces que la causalité physique (L’homme réunifié, De la Méthode vers la « Mythode »). Ces « forces signifiantes », les archétypes jungiens, peuvent être représentés à l’aide de modèles analogiques, exactement comme la causalité est la base des théories physiques. Ils ont pour nom astrologie, alchimie et kabbale. De ce point de vue l’astrologie est une psychologie ésotérique, l’alchimie une chimie ésotérique et la kabbale une physique ésotérique. « Ésotérique » désignant ici les mondes subtils, l’univers métaphysique, la contrepartie invisible de la réalité physique.

Le réenchantement du monde ouvre alors la conscience sur de nouvelles possibilités :

–       Les contes merveilleux ainsi que les histoires mythologiques comme Narcisse, Icare, Prométhée et Hercule, ne sont-ils pas aussi nos histoires personnelles, jusque dans les plus petits détails (Le filet d’Héphaïstos) ? Chacun d’entre nous est habité par un daïmon, par un fil de sens qui lui murmure sans cesse « Va ! Ta vie est courte ! Accomplis ton destin ! »

–       N’est-ce pas les mythes qui créent l’histoire plutôt que l’histoire qui produirait les mythes (Les sept jours de la création d’Israël, Vers un modèle astrologique de l’histoire) ?

–       La psyché utilise des symboles pour se construire et non des mécanismes : le thème astrologique met cela en évidence d’une manière extrêmement précise comme nous l’avons montré dans les différents ouvrages consacrés à ce sujet.

–       Chaque jour de la semaine, chaque mois de l’année, chaque parcelle de temps est porteuse de sens. Percevoir cela, c’est déjà s’ouvrir à une forme de développement transpersonnel qui échappe aux enfermements narcissiques du « développement personnel ».

–       Alors le langage n’est plus seulement utilitaire ni descriptif, il devient poétique et empli de sens avec la langue des oiseaux.

Ces voies ne sont pas nouvelles. Elle s’inscrivent dans le courant de pensée dit « néoplatonicien » avec, pêle-mêle, les travaux de Aurobindo, Jung, Mircéa Eliade, Gilbert Durant, René Thom, Alain Connes, Gœthe et, plus récemment, Jill Bolte Taylor… que nous avons commencé à rassembler dans une « bibliothèque idéale ».

Pour différentes raisons, nous vivons à l’aube d’une grande mutation ontologique, saurons-nous l’accomplir avec bonheur ?

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