Zodiaque et conte de fée


Le thème astrologique est-il un conte de fée ?

Les planètes sont des dieux, du moins si l’on se réfère à la tradition gréco-romaine. Chacun d’eux marque de son empreinte l’un des jours de la semaine qui en conserve la mémoire dans son étymologie : lundi pour la Lune, mardi pour Mars, mercredi pour Mercure, jeudi pour Jupiter, vendredi pour Vénus, samedi pour Saturne et dimanche pour le Soleil (Sun-day).

Pourquoi, dès lors, aux déjà fort nombreuses lectures du thème astrologique, y ajouter encore une « nouvelle » approche ? En fait chaque manière d’envisager le thème natal répond à une question différente. L’astrologie traditionnelle se spécialise dans la mise en évidence synchronique entre des événements et un état du ciel, l’astropsychologie interroge le monde intérieur de l’être, ses motivations, ses désirs, ses potentiels ; l’astrologie karmique explore ses mémoires enfouies héritées de sa lignée familiale, de l’inconscient collectif et de possibles « vies antérieures » ; l’astrologie humaniste porte son attention sur le processus de développement et les voies d’individuation correspondant le mieux à la personne ; et enfin l’astrologie transpersonnelle montre comment le consultant pourrait établir un lien conscient et fructueux avec le monde spirituel.

Du dense vers le subtil, les différentes approches du thème astrologique répondent à des demandes et à des besoins différents. L’astromythologie développée pour la première fois, à notre connaissance, par Jacques Berthon dans ses cours à l’E.S.A.P[1]., propose une approche qui n’est pas fondée sur la description des événements, du psychisme, des mémoires ancestrales ou encore des processus de transformation, mais sur l’image.

Car un mythe raconte une histoire. Cette histoire-là parle déjà en elle-même à la personne, un peu comme les contes qui, même s’ils ne sont pas analysés, modifient profondément les structures psychiques de l’enfant. A l’occasion de cet article et du suivant nous voudrions développer les grandes lignes d’une lecture du thème natal fondée sur le conte merveilleux et le mythe. Une lecture qui, au fond, utilise le seul langage que l’inconscient comprenne spontanément : celui des symboles.

Planètes, zodiaque et conte de fée

Lorsque, dans les années 1930, Vladimir Propp s’attela à la question du classement des contes de fée il obtint trois conclusions remarquables[2] :

  1. « Les éléments constants, permanents, du conte sont les fonctions des personnages, quels que soient ces personnages et quelle que soient la manière dont ces fonctions sont remplies. les fonctions sont les parties constitutives fondamentales du conte.
  2. Le nombre des fonctions que comprend le conte merveilleux est limité.
  3. Dans tous les contes, la succession des fonctions est rigoureusement identique. »

Utilisant l’analyse structurale développée par Claude Lévi-Strauss, l’auteur à montré que l’ensemble des contes merveilleux suit toujours le même ordre chronologique de 32 séquences consécutives, quelque soit le contenu de l’histoire. Les variations sont infinies, mais seulement au sein de cette uniquestructure, sinon le conte ne « fonctionne » pas. Si l’on repart de cette analyse en la complétant avec une lecture symbolique des 32 étapes on peut montrer que celles-ci dessinent un zodiaque qui commence et se termine avec le signe du Capricorne.[3]  L’histoire du héros est celle du renouvellement de la conscience en 13 étapes zodiacales. En voici les grandes lignes (nous avons conservé en italique les mots-clés attribués par V. Propp à chaque séquence) :

Le conte commence toujours par quelques lignes d’introduction qui énumèrent les membres de la famille, à moins que le futur héros ne soit simplement présenté par la mention de son nom et la description de son état. Au sein de ce royaume règne un bonheur particulièrement souligné. Mais un phénomène inattendu survient : un des membres de la famille s’éloigne de la maison, à moins que celui-ci ne se fasse signifier une interdiction ou sa forme inversée : il doit obéir à un ordre. Ces premières étapes correspondent aux valeurs véhiculées par le signe astrologique du Capricorne : objectivité des faits, conscience morale qui fonde la légitimité des ordres et des interdits, sens des responsabilité et, profondément, identification de la conscience à l’image du vieux sage (le roi).

Puis l’interdiction est transgressée. Par exemple les princesses sont en retard pour rentrer à la maison alors qu’elles avaient seulement la permission de minuit. De plus le « méchant » fait son entrée en scène dans l'intrigue. Son rôle est de troubler la paix heureuse de la famille en causant un préjudice. L'agresseur essaie d'obtenir des renseignements. (« où as tu trouvé ces pierres fine ? » ). L’inversion del’interrogation se rencontre également, sous la forme de questions posées à l’agresseur par sa victime. L'agresseur reçoit des informations.  Par exemple la marâtre dialogue avec son miroir et apprend que plus belle qu’elle existe là-bas, au cœur de la forêt. Transgression, imprudence, acquisition d’une connaissance non conventionnelle, révolte contre le père, désir d’apporter le bonheur aux hommes en acceptant par avance le scandale que génère toute réelle nouveauté… toute cela appartient à la symbolique astrologique du signe du Verseau.

Zodiaque et conte de féeL'agresseur tente alors de tromper sa victime pour s'emparer d'elle ou de ses biens. Pour cela il utilise des moyens magiques : le dragon se transforme en chèvre d’or, la sorcière devient une bonne vieille où encore la voleuse fait semblant d’être une mendiante. Notons au passage que l’archétype « agresseur » dévoile sa nature contradictoire et complémentaire : la sorcière et la bonne vieille sont deux visages opposés de la féminité, de son côté la voleuse prend alors que la mendiante reçoit, de même le dragon et la chèvre sont deux images du diable, l’une sauvage et dangereuse, l’autre apprivoisée et familière (le grand bouc). Lorsque la sorcière devient une bonne vieille elle ne change pas fondamentalement d’identité, elle montre simplement l’autre facette de sa nature. De l’acceptation de se laisser fasciner va naître la complicité : la victime se laisse tromper et aide ainsi son ennemi malgré elle. Alors intervient un pacte entre conscient et inconscient : l’être accepte de se laisser bousculer, fasciner, endormir par la connaissance nouvelle. La complicité entre agresseur et agressé signe une alliance entre l’inconscient qui détient la clef du renouvellement et le conscient qui sera capable de la tourner dans la serrure de la vie. Notons que les interdits (Capricorne) sont transgressés (Verseau) alors que les propositions trompeuses sont acceptées et exécutées (Poissons). La transgression des interdits (Verseau) et l’adhésion à des utopies (Poissons) sont des étapes nécessaires pour tout processus de renouvellement de la conscience. Il serait dangereux et régressif de les considérer à l’aune des certitudes du vieux roi : culpabilité d’avoir transgressé et « irréalisme » d’avoir pris des vessies pour des lanternes.

L’agresseur nuit ensuite à l'un des membres de la famille ou lui porte préjudice. C'est cette fonction qui va donner au conte son mouvement. L’ordre, la transgression de l’interdit, l'information extorquée et la tromperie réussie préparent cette fonction : l'intrigue se noue au moment du méfait. Les modalités de celui-ci sont extrêmement variées mais apparaissent très souvent sous forme de rapt : l’agresseur enlève un être humain, vole un objet magique, détruit ce qui a été semé ou emprisonne quelqu’un. Puis vient un moment de médiation, de transition : la nouvelle du méfait ou du manque est divulguée, le héros part pour le combler, soit sur ordre du roi, soit de sa propre initiative. En fait le héros entre vraiment en scène grâce à la perception du manque. C'est un quêteur qui décide d’aller chercher ce qui manque (une fiancée) ou un héros victime (le petit garçon qui est enlevé ou chassé). Ces étapes correspondent dans le symbolisme astrologique au signe du Bélier. Il peut prendre à la tête du troupeau et défricher de nouveaux chemins en se fiant à son dynamisme et à son intuition, à moins qu’il ne soit une victime de l’ordre ancien (l’agneau Pascal) qui se prépare pour une métanoïa. Sa motivation est de réparer une injustice (méfait) ou de combler un manque en adhérant de manière absolue à sa conviction intérieure.

Une fois prise la décision de partir le donateur entre en scène. Le héros subit une épreuve qui le prépare à la réception d'un objet ou d'un auxiliaire magique. On lui propose par exemple d’accomplir un petit travail, de préparer une nourriture ou de rendre un service. Parfois le donateur semble hostile. Le héros réagit aux actions du futur donateur, il rend le service ou épargne l’animal par exemple.  Puis un auxiliaire magique est mis à la disposition du héros. Cependant, si sa réaction a été négative, la transmission ne peut pas avoir lieu : le héros est mangé, découpé en lanières ou congelé. C’est fin de la quête. Ces « morts » sont évidemment à lire de manière symboliques : être mangé signifie être réabsorbé par le vieux monde ;  être découpé souligne un risque de déstructuration ; être congelé indique que la quête est figée. Notons que la phase du don suit la phase de la décision. Et non pas l’inverse ! Ce n’est pas parce qu’il a des moyens (de l’argent, des idées ou des relations) que le héros part en quête mais c’est parce qu’il adhère absolument à sa conscience du manque et essaie d’y remédier. C’est seulement une fois que cette adhésion est exprimée qu’il découvre les moyens d’aller plus loin car il sait laisser œuvrer la vie en lui pour l’accomplissement de son œuvre. Le héros ne décide pas parce qu’il a en lui des qualités pour réussir, mais il découvre ces qualités parce qu’il a décidé de partir. Dans la chronologie des signes du zodiaque ces étapes correspondent au sens symbolique du Taureau.

Après la réception de l’auxiliaire magique notre héros se déplace dans l'espace entre deux royaume.Les différentes manières de « voyager » sont symbolisées par diverses formes de déplacements.  Se mettre en chemin c’est aussi entrer dans un combat car l’agresseur apparaît à nouveau. Ici commencent vraiment les difficultés de la création qui conduisent parfois sur des voies de traverse (le héros s’égare) où durent longtemps (il lui arrive de multiples péripéties). Ce combat contre l’agresseur dont nous vîmes l’apparitions dès les secondes et troisièmes étapes (Verseau et Poissons) est profondément significatif. Naguère la transgression (Verseau) et l’utopie (Poissons) étaient des qualités nécessaires pour la mise en place du renouvellement de la conscience, le méchant remportait donc la « victoire » pendant que le héros se laissait tromper à son corps défendant. A présent ces valeurs sont devenues des obstacles pour l’acquisition de son « Graal ». Il doit combattre sa tendance au mécontentement chronique et à la transgression permanente qui le détourneraient de son objectif ; de même doit-il définitivement se débarrasser de toutes les visées utopiques et ne conserver que les objectifs qu’il est réellement capable d’accueillir. Dans la lecture astrologique cette étape correspond aux Gémeaux, mélange de curiosité intellectuelle, de croyance que l’herbe est plus verte dans le pré d’à-côté et d’ouverture à toutes les formes d’exploration. Il doit lutter contre une tendance à la dispersion, à ne jamais approfondir ce qu’il entreprend, ainsi que contre une forme « d’émerveillement » vis-à-vis des idées nouvelles qui pourraient le détourner de ses vrais objectifs.

Finalement le héros atteint l’objet de sa quête : Epée magique, Princesse ou Graal. En un mot il acquiert un nouvel état de conscience et découvre de nouvelles valeurs. Le manque est comblé. Arrivé à proximité de l’objet de sa quête il reçoit une marque qui deviendra plus tard un signe de reconnaissance. Cette marque est imprimée sur son corps (une blessure lors d’un combat ou le baiser de la princesse) où prendra la forme d’un objet, comme un anneau ou un mouchoir donné par la dame. Puis l'agresseur est vaincu. Le héros accède à la victoire. Finalement, le méfait initial est réparé et le manque est comblé. Ces étapes correspondent au sens astrologique attribué au signe du Cancer, signe où se concocte la prise de conscience de son identité en cherchant ses marques d’abord, puis en se démarquant pour se faire remarquer. Les personnes concernées par ce signe sont en général hypersensible à toutes formes de blessures physique ou affective car celles-ci touche bien plus que leur corps ou leurs sentiments mais leur identité. Elles cherchent précisément à être « comblées », à trouver la plénitude hors de tous manque.

Le héros décide maintenant de retourner vers son royaume d’origine. Mais ce retour, on s’en doute, ne sera pas sans embûches ! Dès son départ il est poursuivi. Ce sont les différentes manières utilisées par le vieux monde pour empêcher les nouvelles valeurs de s’épanouir. Heureusement le héros est secouru ! Ce sont les différentes manières par lesquelles il va protéger la nouvelle semence de sens, l’œuvre encore fragile dont il est devenu le jardinier. Ces moments du conte correspondent au signe duLion sous ses deux facettes : celui du « poursuivant » imbus de sa propre valeur ainsi que de sa place dans la société, à ce titre il méprise et tente de détruire les nouveaux paradigmes ; et celui du « poursuivi » qui à la claire conscience de la meilleure stratégie pour impulser dans le vieux monde une nouvelle manière de voir, sans être rejeté.

Le héros arrive incognito chez lui ou dans une autre contrée. Là, il s’engage comme apprenti, cuisinier, orfèvre, tailleur ou palefrenier. Ce travail de minutie et de service correspond assez bien aux qualités attribuées au signe de la Vierge.

Alors un  faux héros fait valoir des prétentions mensongères. La question que pose le conte est une question cruciale : le héros est-il vraiment à la hauteur de ses prétentions ou n’est-ce qu’un vulgaire jeteur de paillettes ? Chronologiquement l’intervention du faux héros devrait correspondre au signe de laBalance, mais cela nous semble a priori moins évident que pour les autres étapes compte tenu du sens attribué à ce signe par l’astrologie. Notons cependant que le terme « balance » désigne, en argot, un traître (une « balance », « balancer quelqu’un »). Puisque la balance rencontre le mensonge ce sera ici le test de la vérité. Quelle voix va-t-elle écouter ? Celle des prétentions mensongères en se mettant au service d’une œuvre qui n’est pas celle de son cœur ou celle du vrai héros qui sommeille en elle ?

Le roi ou un autre personnage du vieux monde propose ensuite au héros une tâche difficile. Remarquons que, contrairement à ce que nous aurions pu imaginer, la tâche difficile n’est pas la découverte de la nouvelle semence de sens mais l’administration de sa preuve auprès des personnes n’en ayant pas fait l’expérience  ! La tache est acceptée puis accomplie, parfois parce que le héros connaissait déjà la réponse à la question. C’est souvent grâce à l’auxiliaire (l’objet magique) reçu à l’époque Taureau que le héros réussira cette épreuve réputée difficile. C’est donc la générosité et l’ouverture à autre chose que sa quête essentielle qui sera paradoxalement la clé de son succès. Un paradoxe seulement apparent puisque ce qui est réellement nouveau est nécessairement inconnu, seule l’ouverture à cet Inconnu a quelques chances de fertiliser le terreau de ses anciennes représentations. Cette phase est associée au signe du Scorpion, un moment du cycle zodiacal où l’être joue son va-tout : réussir ou mourir. Beaucoup va dépendre de sa préparation, c’est-à-dire du succès relatif des étapes précédentes.

Puis le héros est reconnu grâce à la marque reçue à étape Cancer ou, parfois, à l’objet du donateur de l’étape Taureau. A moins  que ce ne soit tout simplement parce qu’il a réussi la tâche difficile. Par voie de conséquence le faux héros et/ou l’agresseur (le méchant) sont démasqués. Ces événements correspondent assez bien au sens astrologique du Sagittaire avec son désir de reconnaissance sociale et son besoin d’être utile à sa communauté. Mais, négativement, il peut aussi jouer le rôle du faux héros démasqué dans son désir mégalomaniaque d’accomplir des tâches au-dessus de ses forces.

Une fois reconnu et accepté de nouveau dans sa communauté, le héros reçoit une nouvelle apparence. Il est transfiguré. Puis Le faux héros est puni : l'action de la loi fait écho à l'ordre du départ. Enfin, comme tout fini bien dans le meilleur des mondes possibles, le héros se marie et monte sur le trône. En d'autres terme il passe l'initiation, une conséquence de son contact conscient et permanent avec les nouvelles valeurs dont il est devenu un exemple. Nous observons ici un retour au signe duCapricorne, première et dernière étape de la séquence zodiacale. L’autorité du vieux roi est restituée en la personne du nouveau roi. Le pouvoir redevient légitime et se fait naturellement respecter car la personne qui l’incarne est redevenue exemplaire. Pas au sens moral, évidemment, mais au sens où il a su modeler toute son existence sur des idéaux clairement perçus.

Zodiaque et conte de fée, six axes de symétrie

Pour revenir à une lecture « structurale » nous observons que le « recadrage » zodiacal de l’histoire merveilleuses met en évidence six axes de symétrie et quatre ternaires :

Le vieux roi (Capricorne) retrouve l’espoir d’une nouvelle légitimité lorsque le manque est comblé (Cancer).

La transgression au sein de l’ancien royaume (Verseau) fait pendant à la « trahison » du héros qui ravit l’objet de sa quête (Lion).

La confusion du départ (Poissons) contraste avec la précision du héros devenu semblable à un artisan (Vierge). D’autre part les « Poissons » se laissent tromper alors que la « Vierge » trompe son monde en rentrant incognito.

L’entrée en scène du héros (Bélier) fait contrepoint à celle du faux héros (Balance).

L’objet magique fourni par le donateur (Taureau) est la clé de la réussite de l’épreuve difficile (Scorpion).

L’éloignement du départ (Gémeaux) s’oppose à l’intégration sociale (Sagittaire) qui signe la fin du parcours.

Les trois signes de Feu sont des moments de rupture : en Bélier le héros prend la décision de partir de chez lui et en Lion de revenir dans son royaume. En Sagittaire il s’intègre dans un nouveau monde.

Les trois signes d’Air sont diverses modalités de rencontres avec l’« agresseur » : en Verseau le héros lui confie une connaissance interdite, en Gémeaux il le combat et en Balance il réalise que c’est une partie de lui-même. En Verseau le « méchant » entre en scène, en Gémeaux il est combattu et en Balance il se dévoile comme la contrepartie négative du héros : le « faux héros ».

Les trois signes de Terre marquent une suite de résultats : état des lieux (Capricorne), acquisition d’une nouvelle capacité sous la forme de l’objet magique (Taureau), travail pratique d’élaboration (Vierge) et transfiguration finale (Capricorne).

Les trois signes d’Eau s’occupent de notre rapport au monde magique et à la souffrance. Celle-ci est d’abord une source de confusion (Poissons) puisqu’elle n’est pas perçue comme une véritable agression ; puis elle est reconnue et acceptée en phase Cancer grâce à la réception de la « marque » ; vient enfin l’épreuve difficile du Scorpion qui demande la traversée de la souffrance pour sa dissipation. Ces trois étapes liées à l’élément Eau défient également la raison puisque le héros se laisse « stupidement » tromper en Poissons, rencontre le merveilleux en Cancer et réalise quelque chose de réputé impossible en Scorpion.

Non seulement l’organisation du conte de fée reflète le zodiaque (où est-ce l’inverse ? ) mais, toujours selon Vladimir Propp, elle comprend également sept personnages, c’est-à-dire sept fonctions archétypales où nous pouvons reconnaître l’action des planètes. Ils s’agit de l’agresseur (Mars), du donateur (Vénus), de l’auxiliaire (Mercure), de la princesse (Lune), du mandateur (Soleil), du héros (Saturne) et du faux héros (Jupiter).

Evidemment, toutes les planètes sont « le héros » puisque tous les personnages expriment les multiples facettes de l’acteur central. Identifier Saturne au « héros » revient simplement à rappeler que celui-ci a pour vocation de devenir un « nouveau roi » en se débarrassant de sa vieille tunique de peau. Pour conclure, rendons une fois encore hommage à Vladimir Propp qui définit le conte merveilleux de la manière suivante : c’est « un récit construit selon la succession régulière des fonctions citées dans leurs différentes formes » et une histoire « qui suit un schéma à sept personnages ». Nous avons là tous les ingrédients du thème astrologique… comme quoi la vie est vraiment un conte de fée !

Lors d’un prochain article nous verrons comment le mythe, exactement à l’image du conte merveilleux, peut se structurer autour du zodiaque, ainsi que la manière d’appliquer cela à la lecture du thème de naissance.


[1] Ecole Supérieure d’Astrologie de Paris, dont le siège est à Levallois-perret.
[2] Vladimir Propp, La morphologie du conte, Seuil.
[3] Luc Bigé, La force du symbolique, Dervy.

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